« Corriger la Carte » : L’ONU adopte la résolution historique portée par l’Afrique pour en finir avec le biais de Mercator et rétablir la vérité géographique
Par la rédaction d’Africa55Durable Publié le 6 septembre 2026
Une victoire mémorielle et géopolitique majeure
C’est une page décisive de l’histoire des relations internationales et de la représentation mondiale qui vient de s'écrire. Ce vendredi 4 septembre 2026, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté à une écrasante majorité – 164 voix pour, 1 contre et 6 abstentions – la résolution intitulée « Corrigez la carte » (Correct the Map).
Portée avec brio par la diplomatie togolaise au nom du Groupe africain et de l'Union africaine, sous l'impulsion du ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, cette résolution marque la fin programmée de l'omniprésence de la projection de Mercator de 1569, un modèle cartographique qui fausse durablement la perception des équilibres mondiaux.
Pour Africa55Durable, qui place la souveraineté, la dignité et l'émergence d'une Afrique décomplexée au cœur de ses combats, cet événement dépasse largement le cadre technique de la cartographie : il s’agit d’un acte fondateur de justice cognitive.
Le Biais de Mercator : Quand la géographie déforme la réalité
Pendant plus de quatre siècles, le monde s’est nourri d’une vision biaisée de sa propre configuration spatiale. Conçue à l'origine en 1569 pour répondre aux besoins de la navigation maritime, la projection de Gerardus Mercator présente une distorsion structurelle majeure : elle dilate démesurément les terres à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur, tout en contractant celles qui s'en approchent.
Les répercussions psychologiques et géopolitiques de ce choix historique ont été profondes :
- La disproportion flagrante : Sur les cartes traditionnelles issues de Mercator, le Groenland (2,16 millions de km²) apparaît visuellement aussi vaste que l'Afrique.
- La réalité mesurée : L'Afrique s'étend sur 30,3 millions de km², soit près de 14 fois la superficie du Groenland !
En réduisant visuellement l'importance des masses continentales du Sud, cette cartographie a insidieusement ancré dans l'inconscient collectif mondial une sous-estimation de la place, de la démographie et de la dimension réelle de l'Afrique.
Vers une « Justice Cognitive » et une Réparation Mémorielle
Le texte adopté par l'ONU ne cherche pas à effacer totalement l'outil de Mercator, qui conserve une utilité technique ciblée pour la navigation aéronautique et maritime. En revanche, il recommande formellement de privilégier des représentations fidèles aux superficies réelles – telles que la projection Equal Earth (2018) ou Eckert IV – dans les sphères éducatives, médiatiques, institutionnelles et numériques.
À la tribune des Nations unies, le ministre Robert Dussey a résumé l'enjeu avec force :
« Les cartes façonnent notre compréhension du monde. Corriger la carte signifie corriger la manière dont nous voyons le monde. »
Cette démarche, qualifiée de réparation mémorielle, rappelle qu'une véritable transition vers un monde durable et multipolaire exige de corriger non seulement nos infrastructures économiques et énergétiques, mais aussi les fondements de nos savoirs et de nos représentations mentales.
Les dynamiques d'un vote révélateur
Le scrutin a mis en lumière les lignes de fracture de l'ordre mondial :
- Un consensus mondial massif : Avec 164 pays favorables, la communauté internationale a validé la nécessité de ce rééquilibrage. Notons la décision de la France, qui a coparrainé l'initiative et d'ores et déjà annoncé son intention d'abandonner Mercator au sein de ses administrations et de ses supports officiels.
- Les résistances d'un ancien ordre : Les États-Unis ont été le seul pays à s'opposer au texte, le qualifiant de « projet idéologique radical », tandis que six autres nations ont choisi l'abstention.
Malgré ces crispations, le signal envoyé est irréversible : l'Afrique, unie et proactive, redéfinit les termes du débat international.
La vision d'Africa55Durable : Repenser l'espace pour bâtir l'avenir
Pour Africa55Durable, cette décision historique de l'ONU résonne comme un encouragement vibrant à poursuivre toutes les transformations structurelles nécessaires pour le continent. Qu'il s'agisse de sécuriser notre transition énergétique, de valoriser nos ressources, de stimuler l'innovation locale ou, aujourd'hui, de corriger la vérité de notre empreinte géographique, l'Afrique s'affirme chaque jour un peu plus comme un pôle incontournable du XXIe siècle.
Redessiner la carte du monde, c'est refuser l'effacement. C'est affirmer avec force la grandeur de notre géographie, la vitalité de notre jeunesse et la légitimité de notre marche vers un développement durable, souverain et équitable.
Ousmane DIAKITE, Africa55Durable.


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